L'immuno-hématologie et les conséquences d'une transfusion sanguine incompatible

17/05/2012 11:38

On utilise l'immuno-hematologie dans la transfusion sanguine et le don de sang. Elle permet de garantir la sécurité transfusionnelle au niveau de la transfusion en permettant la compatibilité des produit sanguins transfusés avec les anticorps du patient et en limitant les risques d'allo-immunisation ( L’allo-immunisation est le phénomène d’apparition d’anticorps dans un organisme qui a reçu des antigènes d’un sujet de la même espèce) des antigènes des groupes sanguins apportés par les produits transfusés. La détermination des groupe et des phénotypes des antigènes des globules rouges est également nécessaire au niveau du dont de sang pour permettre de rechercher les éventuels anticorps présent chez les donneurs de sang bénévoles et de déterminer les antigènes présents a la surface des hématies pour limiter les risques de transfusion incompatible.

Si la transfusion de sang est incompatible, alors l'anticorp se fixe sur l'antigène correspondant des globules rouges, conduisant ainsi à la destruction de celui-ci sois par une hémolyse intravasculaire ( destruction des globules rouges libérant l'hémoglobine dans le plasma sanguin), soit par phacocytose par les macrophages (hémolyse extravasculaire).

Les hémolyse intravasculaire interviennent en présence d'anticorps hémolysants ( anticorps du système ABO par exemple). Ce sont les anticorps activant le complément qui sont à l'origine de l'hémolyse des globules rouges. Lors de la lyse du globule rouge l'hémoglobine des hématies est libérée dans le plasma du patient . Cette hémoglobine va se fixer à l'haptoglobine avant d'être captée par le système réticuloendothélial.
Lorsque la quantité de sang incompatible transfusée est trop importante, l'haptoglobine du plasma va être saturée ne permettant plus l'élimination de l'hémoglobine des globules rouges lysés. L'hémoglobine va rester libre dans le plasma. Quand la quantité d'hémoglobine libre dans le plasma dépasse 25 mg/dl, une hémoglobinurie apparaît.
La transfusion de sang incompatible peut également s'aggraver très rapidement conduisant la mort du patient notamment lorsque le complexe immun anticorps-antigène entraine l'activation de la coagulation conduisant à une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD). L'incompatibilité peut également provoquer la libération de substances vaso-actives qui, associées à une anoxie tissulaire, favorisent le collapsus cardiovasculaire. Cette incompatibilité peut également atteindre les reins conduisant à une insuffisance rénale à la suite de la CIVD.

L'hémolyse extravasculaire est la plus fréquente. Elle est due aux anticorps n'activant pas le complément comme les anti-Rh. Le complexe immun anticorps-antigène va être phacocyté dans le foie. L'hémolyse intravasculaire est plus lente que l'hémolise des globules rouges, ce qui conduit à des réactions parfois plusieurs heures après la transfusion sanguine.